Réussir sa refonte et faire performer son nouveau site : la liste des 10 erreurs SEO à éviter !

Le contexte du Covid19 a renforcé de facto l’utilisation du digital par conséquent, il vous faut développer des sites qui répondent de manière optimale aux nouveaux besoins des consommateurs (rapidité, UX…).

Les projets de refonte se multiplient donc pour proposer une meilleure expérience et améliorer les performances SEO afin d’être mieux placé dans les résultats de recherche. Bien que représentant des opportunités, c’est aussi une étape stratégique et cruciale pour un site qui n’est pas sans risque et les erreurs possibles multiples.

Pour vous aider à bien appréhender votre refonte , voici quelques exemples d’erreurs que l’on peut rencontrer.

1. Vouloir modifier sa structure, son CMS et son design en 1 refonte

Il est tentant de vouloir profiter de la refonte pour faire toutes les modifications sur son site afin de faire une pierre deux coups. Par exemple : modification du design, modification de la structure, modification technique, suppression de contenu etc. Mais entre la théorie et la pratique il y a un décalage, en réalité c’est multiplier les risques pris pendant la refonte.

Si l’on se met du côté Google, vous bouleversez tout le site qu’il connaissait jusqu’alors. Le temps qu’il prenne en compte ces changements, qu’il les évalue et qu’il vous reclasse… vous obtiendrez une baisse de visibilité et donc de trafic. De plus, en faisant toutes ces modifications, vous n’êtes pas sûr d’améliorer le positionnement du site.

Dans ce contexte, il sera très difficile d’identifier ce qu’il faudra corriger pour récupérer de la visibilité. C’est pour cette raison que s’il y a plusieurs sujets à traiter à l’occasion de la refonte, il est préférable de faire des modifications progressives.

2. Intégrer tardivement les enjeux SEO lors d’un changement de domaine

La refonte pour un changement de nom de domaine comporte de nombreux risques tant SEO que marketing.

L’une des premières erreurs est le choix du nom du nouveau domaine. Bien souvent on se concentre sur la stratégie de communication autour de ce nom et peu sur les conséquences SEO. Pourtant, lors du changement de nom de domaine vous allez devoir choisir un autre site ; site qui aura (très certainement) un historique. Cet historique peut être négatif et avoir des conséquences sur votre future visibilité. Par conséquent, avant de valider votre nouveau nom, demandez à votre consultant SEO une analyse sur les noms de domaines.

L’autre point important sera le lancement du site sur le nouveau nom de domaine. On peut opter pour un changement de domaine soudain ou un changement graduel afin de communiquer sur la marque. L’objectif va être d’accompagner les utilisateurs et Google dans la prise en compte ce changement.

Bien souvent on pense aux redirections à mettre en place mais il ne s’agit pas du seul point d’attention, cela passe aussi par la création de la nouvelle Google Search Console, l’utilisation de l’outil de changement d’adresse de la Google Search Console, des bannières d’informations, la publication de contenu sur le changement de domaine et la préparation sur le nouveau site.

Pour la préparation du nouveau site, on vous invite à prendre en compte les autres points listés dans cet article pour que cette « refonte » se passe bien .

3. Définir une date de mise en ligne de refonte en haute saison.

La date de mise en production est déterminée par des contraintes internes. Il n’y a pas de date parfaite pour une bascule néanmoins, avec l’expérience, on s’aperçoit qu’on peut avoir des répercussions sur les résultats attendus du site selon la date de mise en ligne.

En effet, après une bascule il peut y avoir des mouvements de positionnement du site donc une baisse temporaire de visibilité. Pour éviter que cette variation ne vienne impacter le travail d’une année, il est préférable de choisir sa date de bascule selon :

  • Sa saisonnalité : la fin de la refonte doit coïncider avec une période d’activité calme. Ex : éviter de le faire juste avant une période de solde, de pic de recherches sur des produits phares.
  • Date en cohérence avec les différentes interventions sur le site : la date doit prendre en compte les délais des différents prestataires (délai de développement, délai de recettage etc.). Une date trop courte accroît le risque pris lors de la refonte.
  • Date d’expiration de licence ou outils internes : prévoyez une marge d’erreur entre la date de la bascule prévisionnelle et la date de fin de licence (ex : fin de licence d’un CMS ou d’hébergement)
  • Jour de la semaine : selon la disponibilité des équipes et de la fréquentation du site, il faut opter pour que les jours d’après la bascule, des correctifs puissent être menées (ex : éviter les veilles de jour férié ou de périodes de vacances).

4. Faire le planning de la refonte sans prendre en compte les jalons SEO

Lors de la création du planning de la refonte, bien souvent les délais SEO sont demandés en fin de processus ou après la validation du planning. Ainsi, lorsque certaines analyses prennent du temps cela peut venir bouleverser le planning des autres intervenants. Par exemple : validation des maquettes par le SEO avant l’envoi en développement.

Lors d’une refonte, le SEO peut intervenir à différentes étapes du projet : en amont du projet, lors du choix d’un CMS ou du cahier des charges de développement pour indiquer les prérequis du site, jusqu’à la fin du projet par le recettage en preprod et la construction du plan de redirection. Chacune de ces interventions nécessitent un délai qui doit être pris en compte afin de limiter les risques pendant la refonte.

L’intervention tardive d’un SEO lors du process de refonte peut amener de nombreux correctifs en preprod voire même toucher la construction complète du site (arborescence, template) et donc impacter la date de mise en ligne et le budget engagé.

5. Supprimer ou modifier des pages génératrices de trafic pendant sa refonte

La refonte est l’occasion de faire le point sur son contenu et de faire le ménage : pages obsolètes, suppression d’une rubrique, fusion de contenus, réécriture de pages etc.

Si ces suppressions et modifications sont apportées sur un grand volume de pages incluant des URLs ayant du trafic, le site risque de perdre en visibilité.

Même conséquence dans le cas de fusion de contenus. Lorsque l’on souhaite fusionner 2 pages pour faire une page plus forte avec plus de mots, il se peut que l’on dilue la récurrence d’un mot et son poids dans la page.

Si on cumule l’ensemble de ces changements et que vous perdez une bonne partie du volume de pages du site, lorsque vous basculerez en production vous risquez d’avoir une baisse de visibilité importante (>20%).
Par conséquent, pendant une refonte, il faut modifier ou supprimer des pages n’ayant pas de trafic ou peu crawlées par les robots. On limite ainsi la prise de risque et les effets de bords.

6. Ne pas vérifier la gestion des facettes et filtres en refonte

Pour la refonte d’un site E-commerce, la gestion des filtres et facettes est un point majeur. Une mauvaise gestion des filtres et facettes peut entraîner l’indexation de plusieurs millions de pages. Et la phase d’indexation de ces pages est plus rapide que la phase de désindexation.

Pendant une refonte, on peut être confronté à plusieurs cas de figure : fermeture des facettes en JS, fermeture sur 1 seul niveau, création d’urls avec des ordonnancements multiples, non blocage à l’indexation des urls etc. Par conséquent, l’ouverture et la gestion des filtres et facettes est un sujet qui nécessite du temps et des échanges entre le développeur, le marketing et le SEO.

Dans le cas où vous n’exploitez pas les filtres et facettes, assurez-vous qu’ils ne soient pas crawlables, ni indexables. Si vous avez un doute, vous pouvez mettre en pause la lecture de l’article pour aller vérifier.

7. Ne pas anticiper les nouvelles urls du site pour faire son plan de redirection

Lorsque l’on change de CMS ou de structure du site, les URLS peuvent évoluer (modification d’un répertoire, changement du titre de la page etc.) ou être totalement modifiées sans point commun entre la nouvelle et l’ancienne URL. Le plan de redirection sera donc une étape stratégique de la refonte afin d’assurer une bonne correspondance entre les anciennes urls et les nouvelles.

Si les modifications ou les réécritures d’urls ne sont pas évaluées dès le démarrage de la refonte, on peut se retrouver en fin de projet à faire un plan de redirection pour lequel la concordance entre l’ancienne URL et la nouvelle URL est très compliquée voire impossible. Un matching ligne par ligne sur plusieurs milliers d’URLs doit être réalisé, et bien souvent on peut le faire qu’à la main. Cette étape supplémentaire présente un risque d’erreur important sur les redirections, un retard sur le planning de la refonte et impact le budget de la refonte.

Pour éviter cette situation, il faut anticiper cette réécriture d’urls en conservant un élément commun entre la nouvelle et l’ancienne URL (ID d’url, SKU etc.) qui peut se retrouver dans la nouvelle URL ou dans le code source de la page que l’on ira extraire.

Avoir cet élément en commun facilitera le matching et surtout évitera les erreurs de redirection.

8. Faire son plan de redirection à partir d’urls preprod non figées

Pour faire le plan de redirection, il est nécessaire d’avoir l’ensemble des URLs à rediriger et des URLs de destination. L’une des erreurs possibles lors de la refonte est de faire le plan de redirection à partir des urls d’une preprod non figée, c’est-à-dire non terminée.

Qu’est-ce qu’une preprod non terminée ? C’est un environnement de recette qui répond à l’un des points suivants :

  • Il manque des URLs : toutes les URLs ne sont pas présentes (produits manquants, pages de contenus non créées…).
  • Les structures d’URLs sont non conformes : présence de caractères spéciaux, de paramètre etc.
  • Les urls n’ont pas été vérifiées avant : un contrôle des urls sur la preprod doit être réalisé pour s’assurer qu’il n’y ait aucune erreur ou de fautes d’orthographes (absence de s, présence de caractères ou d’encodage…).
  • Le nom des pages évolue ou doit être modifié : si le titre est modifié, l’url qui lui est associée va changer suite à cette contribution.

Par conséquent, le plan de redirection est l’un des derniers éléments qui doit être fait lors de la refonte. Il faut donc prendre en compte ce paramètre dans le planning de la refonte pour pouvoir faire le plan de redirection et le tester en preprod avant la bascule.

9. Créer des redirections en cascade sur le plan de redirection

L’une des erreurs courantes sur le plan de redirection est la présence de redirection en cascade. Il s’agit ici de rediriger votre URL vers une page qui est elle-même en redirection. Cette pratique est peu appréciée par Google.
Le seul cas de redirection en cascade inévitable lors d’une refonte, c’est quand vous passez d’un site en http vers des URLS HTTPs étant réécrites.

Ainsi, lors de la construction du plan de redirection il est primordial d’avoir des redirections d’une page A vers B. Bien entendu, l’url de destination doit être crawlable et indexable afin de transmettre le linkjuice à une url susceptible de se classer dans les SERPs.

10. Ne pas mettre à jour ses balises canonicals et hreflangs

Elément parfois sous-évalués lors de la refonte, la gestion des canonicals et hreflangs est pourtant clé pour les sites en multilangues.

Un rapide rappel sur ces deux notions :

  • La balise canonical permet d’indiquer à Google la page qu’il doit prendre en compte pour indexation. On l’utilise en cas de contenu similaire ou dupliqué.
  • La balise hreflang, quant à elle, permet d’indiquer à Google les différentes versions linguistiques d’une page.

Elles sont bien souvent oubliées ou incomprises et elles sont donc non mises à jour au moment de la bascule. Lors du recettage preprod, il y a fréquemment des retours sur des balises contenant des erreurs ou partiellement complétées. Par conséquent, si vous utilisez des balises canonicals sur le site il faut compléter les balises sur l’ensemble des pages (via des self-canonicals ou en indiquant l’url à suivre), et s’il y a des évolutions sur les URLs, vos balises canonicals et hreflangs doivent être mises à jour.

Pour les balises hreflang, on peut également avoir des erreurs d’intégration. Les informations sur le hreflang peuvent être indiquées dans votre cahier des charges SEO ; vous pouvez aussi retrouver les indications de Google sur le sujet.

Vous l’aurez compris, il y a autant d’erreurs possibles qu’il y a de refontes alors prenez le temps de bien la préparer et faites travailler tous les partenaires ensemble. En incluant dès le début du projet le marketing, le développement ET le SEO, vous limiterez les risques et assurerez le bon déroulement de votre refonte. La communication reste la base !

N’oubliez pas le contrôle d’éléments SEO incontournables (robots.txt et balise noindex) pour éviter d’avoir sur votre site en production un Disallow :* ou une noindex sur l’ensemble du domaine. Cela peut prêter à sourire mais il ne faut pas oublier la base !