We love Search #3

Comme chaque semaine, Search Foresight vous propose son décryptage du meilleur du Search.

A la loupe

Baidu prêt à croquer le marché européen ?!

Google ne se fait probablement pas de souci pour l’instant, mais il est fort probable qu’il surveille prudemment le continent asiatique depuis que Maurice Levy, PDG de Publicis, a interviewé Robin Li, PDG de Baidu, le Google chinois. Dans une entrevue inédite, Li a (probablement volontairement) dévoilé ses cartes, indiquant à Levy que Baidu voulait s’étendre à l’Europe et aux États-Unis. Une nouvelle reçue avec un calme relatif en Europe : ignorance ? prudence ? Probablement, car quand un géant frappe à votre porte, on sait déjà qu’il vient avec l’intention de tout révolutionner.

Quelques chiffres pour comprendre le contexte et prendre la température : Baidu est une société d’une valeur de 11 milliards de dollars, ce qui situe son propriétaire au rang de 46ème fortune mondiale. Baidu détient 80% du marché chinois des moteurs de recherche, ce qui se traduit par 300 millions d’utilisateurs par jour ; il offre plus de 105 services à ses utilisateurs (cartographie, encyclopédie, etc.), alors que Google n’en a développé que 43 pour le moment.

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Robin Li a également fait part de son sentiment sur l’avenir du Search : « Les gens peuvent accéder directement à WeChat, Facebook et bien d’autres apps. Ont-ils vraiment toujours besoin du Search ? […] Nous devons apprendre à répondre à ces nouveaux comportements, à continuer à innover et à offrir de nouvelles solutions à nos utilisateurs ».

Chez Search Foresight nous entendons les bonnes intentions de Baidu. Toutefois, ses pratiques pourraient se heurter à la culture européenne et américaine : le manque de transparence entre les résultats de recherche naturels et payants ou le soutien à la politique de censure du gouvernement chinois peuvent freiner les utilisateurs européens, qui sont de plus en plus critiques et exigeants dans leur utilisation des services en ligne.

Ne sous-estimons pas le dragon chinois qui a plus d’un tour dans son sac ! Pour preuve, l’arrivée en 2014 d’Andrew Ng chez Baidu au poste de chief scientist. Ce dernier avait notamment eu un rôle-clé chez Google dans le déploiement des algorithmes de Machine Learning.

Vos « hreflang » ne sont peut-être pas lues par Google et vous ne le saviez pas !

Ceux qui luttent à l’international savent que la bataille est constante : stratégie, vision globale et connaissance approfondie de chacun des marchés sont le nerf de la guerre !

Et pourtant, parfois un détail apparemment insignifiant, comme une ligne de code, peut mener à la défaite : il s’agit de la balise « hreflang ». Celle-ci permet d’indiquer aux moteurs de recherche les différentes langues dans lesquels un site Web est disponible. Ainsi, nous pouvons choisir d’afficher une version linguistique par défaut (en anglais, par exemple) ou d’adapter notre site en fonction du pays où se trouve l’utilisateur.

Il y a quelques jours, John Mueller, porte-parole de Google, a expliqué dans un Hangout que la balise « hreflang » peut ne pas être vue par les moteurs de recherche. Par exemple, quand un crawler trouve une erreur de syntaxe dans le header de votre page HTML, il se peut qu’il ne lise pas votre balise « hreflang » (si elle se trouve après l’erreur de saisie).

Étant donné qu’aucun message d’alerte n’est envoyé dans la Google Search Console, Search Foresight vous recommande de valider la bonne intégration de vos balises « hreflang » en vérifiant la conformité de votre code HTML. Leçon à retenir : la Search Console est loin d’être une finalité en soi ! Croisez vos données pour avoir des conclusions solides.

HTTPS : un must-have, mais quand faut-il basculer ?

Gary Illyes, webmaster de Google, indiquait dernièrement qu’environ 30% des résultats renvoyés par le moteur de recherche Google étaient sécurisés (les URLs sont en HTTPS), chiffre corroboré par l’étude de Moz sur 10 000 résultats de recherche et qui montre une tendance exponentielle.

Rappelons le contexte : en 2014, Google faisait une annonce officielle : le protocole HTTPS serait un critère de ranking pour le positionnement des sites Web. A ce moment-là, Moz lance une étude qui déterminera que 7% des résultats dans les SERPs sont en HTTPS. Une semaine plus tard ce chiffre passait à 8%. Aujourd’hui nous en sommes à 30% et il est attendu une augmentation jusqu’à 50% en un an et demi.

Mais, cela est-il vraiment un facteur de référencement ? Malgré les différentes annonces officielles de Google, de nombreuses études ont montré que le passage en HTTPS n’est pas déterminant pour le positionnement d’un site Web. Néanmoins, cela ne veut pas dire qu’il ne le sera pas dans les années à venir… Dans un contexte où la sécurité informatique et la protection des données sont au cœur des préoccupations sociales, politiques et économiques, il serait étonnant que les efforts pour sécuriser les échanges de données ne soient pas pris en compte.

Le conseil de Search Foresight ? Ne basculez pas en HTTPS dans l’espoir d’obtenir des gains SEO immédiats ! Le HTTPS doit s’inscrire dans une stratégie globale. Profitez plutôt d’une refonte ou d’un projet de réécriture des URLs pour passer au protocole sécurisé : passer de HTTP à HTTPS implique en effet de modifier toutes les URLs de votre site et vous aurez besoin de sécuriser au maximum tout ce processus afin de maintenir vos positions et votre trafic.

La vidéo de la Semaine

Google Home Démo – Bluffant ou Flippant ?

Du moteur de recherche à l’assistant vocal, la frontière est ténue. En annonçant le produit « Google Home » lors de son I/O 2016, Google apporte une réponse directe à Amazon Echo. Après les Google Glasses, les wearables, est désormais venu le temps des assistants virtuels. En permanence chez vous, ils vous écoutent en tâche de fond. L’interaction avec Google devient permanente, omniprésente, fluide et quasiment transparente. Sans s’en rendre compte, les opportunités de recherche sont démultipliées et, par conséquent, les opportunités de positionnement également.

Cela ouvre les portes de nouveaux enjeux SEO : l’optimisation pour ces nouvelles bornes. Il est fort à parier que Schema.org, les optimisations sémantiques, l’interconnexion d’APIs seront, entre autres, au centre de ce nouveau terrain de jeu. En attendant, take a look à la démo de Google Home. Vous n’en ressortirez pas indifférent, hésitant entre fascination et inquiétude… !

La Veille

Google renforce ses équipes de Machine Learning en France

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La firme de Mountain View vient de racheter la start-up française Moodstocks, qui développe de nouveaux algorithmes de Machine Learning pour la reconnaissance automatique d’images et d’objets visuels sur appareils mobiles. Leur application permet de transformer la camera du portable en scanner et d’identifier en temps réel les produits photographiés. Une nouvelle porte s’ouvre pour les campagnes Adwords…

Search Console > Erreur de crawl dans les applications mobiles

Ne quittons pas le monde du mobile et intéressons-nous à leur référencement : Google annonçait le 4 juillet la correction des erreurs d’indexation sur les applications mobiles. Les données étant maintenant plus fiables, ne paniquez pas si vous observez une baisse de vos statistiques !

7 annonces Adwords sur mobile

Désormais, l’affichage premium sur mobile propose 4 annonces (au lieu de 3) en haut des pages, ainsi que 3 annonces en bas de page. Ce format est maintenant uniformisé entre les versions desktop (disponible depuis le 22 février 2016) et mobile. C’est une bonne nouvelle pour les campagnes SEA car les  possibilités de positionnement sont plus importantes ; à l’inverse, côté SEO, cela pourra entraîner des pertes de trafic sur les requêtes plus génériques. A surveiller donc…

On a craqué pour…

On ne plaisante pas avec les alertes Google !

La surprise est arrivée le 4 juillet quand une multitude de comptes AdSense inactifs depuis un certain temps ont, tout simplement, disparu ! En effet, certains éditeurs de publicités Adwords ont cru à une blague à la réception d’un mail de Google AdSense : celui-ci les avertissait de la fermeture imminente de leurs comptes publicitaires pour cause d’inactivité. Les éditeurs surpris pourront toutefois réclamer leurs reliquats (supérieurs à 10€) ou demander à réactiver leur compte. Moralité : on ne plaisante pas avec les alertes Google !