La notion de qualité évolue chez Google. Et on en trouve l’illustration dans la nouvelle mouture du Guide des quality raters qui vient d’être publiée.

Cette nouvelle version présente de nombreuses différences par rapport à la version précédente. Nous allons essayer de vous faire une synthèse des principaux changements.

Euh, c’est quoi le guide des quality raters ?

Le guide des quality raters (le véritable nom c’est le « search quality evaluator guidelines ») est un document qui est fourni aux intérimaires embauchés par Google pour évaluer la qualité des résultats à partir d’une interface logiciel spéciale qui leur est fourni pour faire remonter les « notes » qu’ils attribuent.

Ce document, encore secret il y a quelques années, mais dont plusieurs versions avaient fuité, est depuis quelque temps rendu public par Google.

Il reflète la façon dont Google envisage la qualité d’un résultat dans une logique d’expérience de recherche. Sa lecture est édifiante, car elle permet de comprendre à quel point la notion de « qualité » vue par Google, est différente de l’intuition que les éditeurs de site pourraient en avoir.

Nous avions déjà évoqué ce sujet dans deux articles publiés début 2017:

Un aperçu de la plateforme d’évaluation dont se servent les quality evaluators

De la confiance accordée à un contenu, à la confiance que l’on peut accorder à son auteur

La lecture de la nouvelle version révèle une première différence fondamentale. Dorénavant, on ne demande plus aux « search quality evaluators » d’estimer la confiance que l’on peut placer dans un contenu, mais on leur demande aussi de chercher à vérifier la fiabilité de l’auteur de ce contenu.

C’est donc une précaution supplémentaire face aux problèmes des fake news qui se répandent régulièrement, en particulier via les résultats du moteur de recherche Google.

La notion de « bénéfice attendu » (beneficial purpose)

La principale nouveauté,  c’est que les évaluateurs se voient demander de noter les résultats en fonction du concept de « beneficial purpose » (le « bénéfice attendu ») des pages. En clair, une page figurant en tête des résultats doit avoir un objectif qui sera perçu par l’internaute comme une contribution positive : la page lui rend service, ou lui apporte une information fiable ou utile par exemple.

Les principaux critères communiqués aux « quality evaluators »

Voici un résumé des principales règles communiquées aux search quality evaluators.

Les pages doivent être évaluées en prenant en considération :

  • Le but de la page
  • Expertise, autorité, fiabilité : il s’agit d’une caractéristique de qualité importante […]
  • Qualité et quantité du contenu principal : la notation porte sur la page d’atterrissage de l’URL de la page de résultats à étudier
  • Informations sur le site Web/informations sur qui est responsable du contenu principal : trouvez des informations sur le site Web ainsi que sur le créateur du contenu principal.
  • Réputation du site Web/réputation de l’éditeur/auteur du contenu principal : des liens pour aider à la recherche sur la réputation seront fournis.

La notion de beneficial purpose telle qu’elle est expliquée dans le guide

Les autres changements notables

Parmi les autres changements notables on note :

– l’accent mis sur la vérification du professionnalisme des sites de presse : vérification de l’existence de chartes éditoriales, de règles déontologiques, d’auteurs dotés de la carte de presse etc.

– un focus sur les contenus qui relaient des propos haineux ou discriminatoires, qui doivent être repérés et mal notés

– un élargissement de la notion de sites « YMYL » (la bourse ou la vie), c’est à dire des sites dispensant des informations sensibles, qui font l’objet d’une sévérité accrue. La liste s’étend maintenant à des sites dispensant des informations pouvant mettre en danger la sécurité des internautes.

Si vous voulez comprendre comment Google analyse la qualité de votre contenu, lisez ce guide !

Beaucoup de sections de ce guide ont été réécrites depuis la version de mars 2017 : si vous avez déjà lu ce guide, je vous invite à le relire, ou au moins à lire le compte rendu détaillé des changements publiés par Jennifer Slegg.

Si vous ne l’avez pas encore lu, lisez-le ! C’est bourré d’informations édifiantes, et cela changera à jamais votre vision de ce que vous pensez être un contenu de qualité aux yeux de Google. Bon, d’accord, ce guide comporte 168 pages. Mais lisez-le sur la plage, à la place de votre roman habituel.