On vous en parlait déjà la semaine dernière dans un édito, déjà très présentes sur le marché US, les réponses directes (ou Featured snippet) sont en train d’envahir depuis mars 2016 les pages de résultats françaises, espagnoles, portugaises, russes… Au total, 16 langues seraient actuellement impactées par ce déploiement. Il s’agit d’un changement de fond qui est l’aboutissement (ou plus probablement le tout début) du passage de Google d’un moteur de recherche à un moteur de réponses.

Réponse directe US - Sun to Moon

Exemple de réponse directe sur Google.com US

 

Réponse directe FR - Le bonheur

Exemple de réponse directe sur Google.fr

Les réponses directes, kesako ?

Ces réponses directes, que l’on surnomme aussi featured snippets, réponses #0, réponses sémantiques, se présentent en haut des pages de résultats au dessus des résultats traditionnels sous la forme d’un bloc (une “card” si on utilise le jargon Google) intégrant le plus fréquemment un extrait textuel de la page, parfois une image et le plus souvent l’attribution de la source (un lien). Apparaissant essentiellement sur des requêtes informationnelles, ces réponses constituent désormais la nouvelle position N°1 !

Réponses directes et recherches vocales sont intimement liées !

Ces réponses directes font partie d’une stratégie de fond pour Google qui vise à pouvoir dés aujourd’hui et également demain répondre à des recherches audio se passant complètement d’écran. En effet, avec l’arrivée des bornes audio (Amazon Echo, Google Home…), des montres connectées, des voitures connectées, des télécommandes audio, la place de l’écran et de du clavier diminue, voire disparaît, au profit d’une expérience quasi exclusivement audio. Il est ainsi indispensable pour Google de pouvoir apporter une réponse qui peut être lue. Cette analyse explique d’ailleurs pas mal de chose sur les critères qui a priori sont sous-jacents aux réponses directes.

Amazon Echo Installed Base US

Amazon Echo a déjà convaincu plus de 1 600 000 foyers aux US !

Réponse directe : Ce n’est pas le premier de la SERP qui gagne !

Observez par vous-même les réponses directes. Le plus simple est de faire des tests avec des formulations interrogatives en français ou en anglais (qui, que, quoi, comment, qu’est-ce que, quelles sont les étapes pour faire, où se situe, que signifie, combien, quand, quel est la hauteur de … et leurs équivalents anglais who, what, how, when, steps to do…), certains templates de requêtes (définition + mot clé…). La première chose que l’on peut constater, via ces tests, est que le site qui sert de source à ces réponses n’est souvent pas le premier résultat naturel.

Ce n'est pas le premier qui est repris dans la réponse directe !

Ce n’est pas le premier qui est repris dans la réponse directe !

Réponse directe : Structurez vos contenus, une des clés !

Au delà des critères de popularité qui permettent de se hisser dans le top des positions, ici semble se glisser en plus de nouveaux critères de sémantique et de structuration de contenus. Google cherche une réponse toute faite, qui peut être incluse dans la réponse directe telle quelle. Les tests que nous réalisons actuellement nous laissent penser que les règles ci-dessous sont en place en ce qui concerne les réponses directes.

Une “clusterisation” des résultats par grande thématique

Google est en somme hyper fort à Jeopardy et est capable d’agréger les questions qui sont associées à une même réponse. Ce qui signifie que l’objectif n’est pas d’optimiser son contenu pour des questions mais bien de travailler à la constitution d’une réponse. Les stratégies de contenu visant à optimiser question par question sont bien mortes ici. Objectif, devenir référant sur le cluster de questions visé.

Prix de l'or et cluster

Pour plusieurs questions, Google apporte la même réponse.

 

Des paragraphes identifiables comme des réponses

Dans sa recherche de réponses toutes faites, Google nous donne plusieurs indices sur les caractéristiques des textes recherchés. Il est ainsi intéressant d’observer que les sites qui parviennent à intégrer ces réponses directes ont des paragraphes clairement identifiables (à la fois visuellement et dans le code – balisage <p>). Ces paragraphes ont assez souvent des longueurs standards permettant de s’insérer dans les réponses directes (250 à 350 car. / 45 à 60 mots).

Sémantique des contenus

Google cherche dans vos textes des indices qui lui permettront de s’assurer que vous êtes pertinents pour une question. Ainsi, si la question formulée demande la hauteur de quelque chose, Google va chercher dans le texte des réponses intégrant des unités de mesure. Il nous aide dans ce travail en soulignant d’ailleurs en gras dans les “featured snippets” les éléments qu’il recherche.

Rolling Stones Birthdays

La réponse à la question “birthdays” doit intégrer assez logiquement des dates de naissance. Elles sont ici mises en gras par Google.

Old School is cool

Des choses assez simples permettent aussi d’aller chercher la réponse directe. Ainsi, sur des questions du type “comment faire”, “quelles sont les étapes pour”, Google cherche des contenus listant des étapes. Ici, le simple fait d’indiquer dans son contenu step 1:…, step 2:…, step n:… permet de se positionner. Même si elles sont conseillées, il est intéressant de noter que Google arrive parfois à détecter ces listes sans qu’elles soient structurées (OL LI / UL LI).

Dés que vous avez des données, des associations de données (donnée/valeur), travaillez sur la mise en place de la structuration de vos données : tableaux HTML, Listes html, listes avec “deux points”, schema.org.

paper-boat

Le simple fait de présenter une liste d’étapes structurées est un plus !

En synthèse :

Voici les quelques règles à mettre en place :

  • Balisez la question en H1,
  • Balisez vos paragraphes (<p>),
  • Proposez des réponses en 250 à 350 car. / 45 à 60 mots,
  • Intégrez les mots clés constituant la réponse (et les formulations alternatives),
  • Structurez vos données (tableaux, listes, associations donnée-valeur, …),
  • Observez les formulations des réponses directes déjà en place,
  • Utilisez le balisage Schema.org,
  • Utilisez les noms d’entités tels qu’il apparaissent sur les bases sources (Wikipedia, IMDB…),
  • Rattachez-vous à une entité via la Balise SameAs.

Ces règles sont un work-in-progress et viennent compléter les règles déjà en place. Tests et études sont en cours chez SF pour décortiquer et comprendre dans le détail toutes les subtilités des “featured snippets”. Stay tuned !

Yann Sauvageon – Yahn