The next big thing : Les Progressive Web Apps

Les applications ont envahi nos smartphones. Le téléchargement payant de ces logiciels rapporte des fortunes aux plateformes. Mais une nouvelle technologie, que Google pousse les développeurs à adopter, pourrait entièrement redistribuer les cartes… Cette technologie s’appelle les Progressive Web Apps.
 

Les Progressive Web Apps : une appli dans une page web

 
L’évolution des navigateurs web mobile et des systèmes d’exploitation mobile (en particulier Android) est à l’origine de cette mini-révolution : en combinant les possibilités du HTML5, des CSS et des Framework javascript, on parvient à créer des pages web dont les possibilités sont proches de celles d’une application :
– le code de la web app peut accéder à tous les senseurs du smartphone, au GPS, à la caméra
– le code peut stocker des informations sur le smartphone, où accéder à des données
– il est possible d’appeler la web app à l’aide d’une icône, et on finit par oublier que ce n’est pas une application normale. L’affichage plein écran fait aussi oublier que l’application tourne dans un navigateur
 

Web App d’accord, mais pourquoi « Progressive »

 
Le terme « progressive » fait allusion à la façon dont ces pages web peuvent évoluer, en partant d’une page web « normale », que l’on enrichit progressivement de fonctionnalités, pour proposer finalement les mêmes possibilités qu’une application mobile. L’expérience utilisateur est aussi « progressive » : il peut choisir d’accepter d’ouvrir les accès aux données de son smartphone étape par étape; ou la mise en place de certaines fonctionnalités comme les alertes. Une PWA est aussi mise à jour comme une page web : chaque consultation peut donner lieu à une micro modification !
 

Est-ce que cela marche sur toutes les plateformes ?

 
Les « PWA » simples tournent aujourd’hui sur la plupart des navigateurs webs mobiles. L’un des avantages des Progressive Web Apps, c’est d’utiliser des standards : HTML, CSS, Javascript, qui sont censés être supportés par l’ensemble des navigateurs.
 
Si on rentre dans le détail, on s’aperçoit que certaines fonctionnalités avancées ne sont disponibles que sous Android Nougat, et que certains navigateurs supportent mal deux concepts indispensables pour faire tourner une PWA sophistiquée : l’application shell architecture et les « service workers ». Edge de Microsoft deviendra compatible dans ses prochaines versions. Le problème vient essentiellement de Safari d’Apple, qui ne gère pas les service workers, et empêche donc d’avoir des fonctionnalités qui tournent en tâche de fond, même quand on utilise pas l’app, ce qui enlève beaucoup d’intérêt à certaines PWAs.
 

Pourquoi Google est-il un fervent supporter des Progressive Web Apps ?

 
Google fait régulièrement la promotion des PWAs. La firme de Mountain View y voit deux avantages.
 
Le premier avantage, c’est que les PWAs sont un atout pour l’écosystème Android : cela permet de créer des applications plus légères, plus respectueuses de l’utilisateur, plus évolutives et faciles à mettre à jour. Et comme les nouvelles possibilités de ces PWAs apparaissent en premier sur Android et qu’Apple est à la traine, c’est une pierre dans le jardin de la firme à la pomme.
 
Ensuite, Google tire ses revenus avant tout de la publicité sur le web, et dépend moins qu’Apple des téléchargements d’application. Eviter les ruptures entre « web » et « applications » en permettant une expérience continue à l’aide de browser (rappelons que Chrome est le navigateur dominant) constitue dans ces conditions une stratégie intéressante.
 
Les PWAs ont aussi quelques avantages techniques pour le moteur Google : le contenu d’une PWA s’indexe comme un site web « normal ». Ce qui rend obsolète les approches de type « app indexing » lourdes à mettre en place. Google recommande dorénavant, pour les éditeurs de site qui veulent voir le contenu de leurs applications être indexées, de créer plutôt des PWAs !
 

Les Progressive Web Apps vont elle supplanter les applications ?

 
Pour le moment, certains types d’applications ne peuvent pas être remplacés par une PWA, et cela ne fonctionne pas sur tous les smartphones et tous les environnements. Mais les avantages des PWAs sont tels que l’on peut s’attendre à une montée en puissance rapide de cette solution.
 
Les applications vont elles disparaître à terme ? Ni à court terme, ni à moyen terme. Le concept a ses limites, qui seront atteintes un jour.
 
Mais en attendant, si vous envisagez de créer une application en 2018, il est urgent de se poser la question suivante : ne vaudrait il pas mieux envisager de créer une PWA !