Pagerank ou futilité d’un indicateur simpliste

La baisse du PageRank enregistrée par de nombreux sites référents sur les deux dernières semaines n’a pas manqué d’agiter la blogosphère. Google et sa boite noire algorithmique ont encore frappé. Si nous avions l’habitude d’entendre les plaintes des petits ou des nouveaux sites (sandbox, prime à l’ancienneté…), il était plus rare d’observer les sites les plus importants
s’exprimer sur la petite barre verte.
Chose désormais réparée : Google vient en effet de frapper vulgairement dans le tas en revoyant largement à la baisse les PageRank de sites d’envergure. Même YouTube, pourtant dans le giron des marques détenues par le géant californien, est affecté par ce petit séisme web. Comment en est on arrivé là ?

Depuis la mise à disposition de cet indicateur, les webmasters, responsables de sites donnent une importance surdimensionnée à cet indicateur croyant que l’algorithme de Google se limite à cette seule note. Google ne peut s’en prendre qu’à lui même. En mettant à disposition cet indicateur dans sa barre d’outils, le moteur déclarait publiquement la pseudo-prépondérance de cet
indicateur. Et même si la barre verte ne reflète pas la complexité des leviers entrant en jeu dans le classement des sites, le mal était fait.
Le PR est devenu rapidement une monnaie d’échange sur le marché des liens. Le lien étant primordial en référencement, les sites à fort Page Rank peuvent donc exploiter le filon. La vente et l’échange de liens s’organisent. Il faut gonfler son PageRank. Mais cela ne plait pas à Google. Matt Cutts, M. Anti-Spam, ne cesse de le répéter. Réfléchissez en fonction de l’intérêt pour votre visiteur et ne faites pas des liens pour le seul bénéfice de popularité. Peu de webmasters entendent ce discours, et le marché des liens prospère.
C’est alors que Google décide de frapper fort en pénalisant les sites qui auraient eu des stratégies de linking un peu poussives et en particulier ceux recourant à la vente et à l’achat de liens. Comment Google détecte-il ces stratégies ? Difficile pour l’instant de le savoir. On peut cependant imaginer que cette sanction ait été manuelle. Google ciblant des sites connus pour mieux faire
comprendre ses règles.
Ce coup de semonce pourrait-il marquer la fin sans cesse reportée du PageRank ? On ne pourrait que s’en réjouir. Google tue son indicateur star et enrichie son algorithme de nouvelles données qualitatives. Une forme de search 2.0 qui ne se limiterait pas à la seule donnée externe des liens.
Les liens seuls ne peuvent en effet plus rendre compte de manière fiable de la qualité d’un site. C’est comme si nous jugions la musique au regard du TOP 50. Google dispose aujourd’hui de nombreux indicateurs (au travers de sa toolbar et de ses multiples services en ligne) lui permettant de classer les sites sur la base de l’expérience utilisateur et non plus seulement sur la base des liens (maitrisés que par une partie des internautes).
Bien entendu tout n’est pas si simple et si les données sont disponibles, elles sont souvent disparates, incomplètes et parfois facilement manipulables. Face à cette constatation, le lien a encore de beaux jours devant lui. La mission que semble se donner Google sur ce point est de détecter les liens les plus légitimes, les plus pertinents et de filtrer ou minimiser le poids des liens achetés, échangés, sans intérêt pour l’utilisateur.
Yann