A chaque mise à jour de Google (et la mise à jour « Phantom » intervenue début février n’a pas échappé à la règle), les commentateurs affichent très souvent dans leurs articles les courbes des différents « serpomètres » pour argumenter sur l’importance des mouvements constatés dans les pages de résultats (les SERPs)… Mais comment fonctionnent ces outils ? Que mesurent-ils exactement ?

Le fonctionnement des serpomètres

Les outils de type « serpomètre » mesurent l’évolution, jour après jour, des proportions de changement dans les classements des pages de résultats de Google, sur un échantillon de requêtes. Ils présentent cette évolution sous forme de courbe ou d’histogramme. En règle générale, la métrique utilisée n’est pas communiquée de manière brute, mais représentée par un « indice » qui masque la nature réelle de la mesure réalisée (la température de Mozcast, ou le Dailyroo d’Algoroo par exemple).

serpometre-1  L’outil Algoroo montre un pic de changements sur les SERPs le 1er février, et un autre plus fort le 9 février.

Les principaux serpomètres

Parmi les serpomètres les plus populaires on compte :

Ces outils mesurent les changements sur l’index Google.com. Mais si vous préférez observer les évolutions sur Google France (ce qui, ces temps-ci, donne des résultats similaires, les mises à jour étant de plus en plus souvent déployées partout en même temps), les Français ne sont pas en reste avec par exemple :

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L’outil Mozcast ne montre pas de grands changements début février, juste une légère « surchauffe ». Par contre il relève bien le pic autour du 9 février

Que valent vraiment ces outils ?

John Mueller de Google avait critiqué ces outils en janvier 2016 : selon lui, une mise à jour soit disant détectée par ces outils n’existait pas, et il a déclaré que selon lui, ces outils détectaient « les mauvais signaux ».

A l’usage, c’est vrai que l’on constate des différences notables entre les mesures de ces différents outils : quand l’un montre un pic, un autre peut très bien ne rien montrer du tout ! La plupart de ces outils, à dire vrai, sont conçus comme des outils marketing. Ils fonctionnent sur un échantillon de requêtes réduit (10 000 mots clés pour Mozcast), et qui n’est pas forcément choisi de manière très scientifique (d’où les différences de mesure).

Par ailleurs, la formule de calcul de l’indice utilisée est systématiquement non précisée. C’est sans doute pour préserver un secret de fabrication, mais cela évite aussi que l’on puisse critiquer la validité de la mesure.

Ceci dit, quand la plupart de ces outils montrent de violents changements dans les classements, cela signifie quelque chose. Car en général, les porte-paroles de Google finissent par avouer qu’il y a bien eu une mise à jour de l’algorithme.

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Serpmetrics montre des fluctuations importantes et continues entre le 1er et le 11 février. De telles différences d’un outil à l’autre peuvent laisser perplexe.

Est-ce que cela vaut le coup de suivre ces outils au quotidien ?

La réponse est clairement : non.

Le seul intérêt pratique de ces outils est une aide au diagnostic. Si votre site connait un brusque changement de visibilité, un rapide coup d’œil à ces outils permettra de savoir si des changements impactent un grand nombre de sites, ou pas. Dans le premier cas, vous pourrez soupçonner d’avoir été impacté par une mise à jour de l’algorithme (mais sans avoir aucune certitude, c’est peut-être une coïncidence). Dans le second cas, non.

Mais quel que soit le crédit qu’on accorde à ces outils, ils ont le mérite d’exister, et sans eux, on pourrait plus difficilement repérer les mises à jour Phantom de Google. Et ainsi forcer les porte-paroles de Google à communiquer (un peu) sur ces mises à jour du cœur de l’algorithme sur lesquelles, par principe, ils ne veulent pas ou ne peuvent pas communiquer…