Google a récemment multiplié les communications sur les cas d’utilisation de l’attribut nofollow. Mais je constate que, loin de clarifier les choses, ces prises de parole entraînent de multiples erreurs d’interprétation chez les clients.

Alors, qu’en est-il vraiment ? Quand faut-il utiliser l’attribut nofollow ?

Le nofollow fait partie des deux méthodes à utiliser pour éviter les pénalités pour « liens non naturels »

Lorsque vous placez un lien pointant vers un autre host/domaine que le vôtre, et que vous le faites par copinage, suite à un échange de bons procédés, un partenariat ou parce que vous avez « vendu » ce lien, vous violez les guidelines de Google, sauf si :
– vous ajoutez un attribut rel=nofollow au lien
– vous faites une redirection vers une page bloquée par le robots.txt
Dans de tels cas, utiliser l’une des deux méthodes au choix est obligatoire !

L’attribut nofollow a été créé pour cela !

Utiliser un nofollow est recommandé aussi quand vous faites un lien vers une page d’un site dont vous dénoncez le contenu, sa mauvaise qualité, ses thèses etc.

Le nofollow peut servir à gérer son budget de crawl, mais…

L’attribut nofollow indique aux bots des moteurs de recherche de ne pas suivre le lien sur lequel cet attribut est présent, et de ne pas télécharger la page en question. Il est donc possible d’utiliser cet attribut pour « piloter » le crawl de Google, et lui indiquer ce qu’il ne doit pas crawler, comme avec le fichier robots.txt, mais lien par lien.

Mais il y’a trois problèmes avec cette méthode :
1. cette méthode n’est pas fiable : il suffit que le même lien figure ailleurs, sur une autre page et n’importe où sur le net, et sans attribut nofollow, pour que la page soit quand même crawlée et parsée (contrairement au robots.txt).
2. cela ne sert pas à grand chose dans certains cas : si empêcher Google de découvrir des syntaxes d’urls qui appellent des doublons de page peut s’avérer une bonne idée, par contre essayer de pousser Google à crawler certaines pages en l’empêchant de crawler des pages inutiles (la méthode dite du « bot herding ») n’est efficace que dans des cas très très particuliers. Sur la plupart des sites, le bot herding est inefficace : Google continuera de s’abstenir obstinément de crawler les pages dont il ne veut pas, tant qu’on a pas « amélioré » ces pages.
3. en faisant cela, on se tire une balle dans le pied. Car cette méthode fait perdre du linkjuice

Le linkjuice transmis à des pages via des liens avec l’attribut nofollow est perdu pour le site !

Matt Cutts avait révélé ce point lors du SMX Advanced en 2009, puis l’avait confirmé sur son blog : les liens en nofollow sont comptabilisés comme liens sortants dans l’algorithme du pagerank. La conséquence (pas forcément intuitive), c’est que la présence massive de liens en nofollow fait perdre du linkjuice, car le pagerank des pages linkées ainsi n’est pas transmis et pas « recyclé » via le maillage interne.

L’explication de Matt Cutts sur la prise en compte des nofollow dans le calcul du pagerank

Sur ce point, la communication de Google a été confuse récemment. Andreï Lippatsev, un porte parole de Google qui s’adresse à la communauté russe de Google, s’est vu poser la question suivante dans un hangout :

Le problème, c’est qu’au lieu de répondre 1/3 conformément aux explications de Matt Cutts, il a répondu « 1/2 ».

Lorsque Barry Schwartz (de Seroundtable) a ensuite demandé des éclaircisemments à John Mueller, ce dernier a clairement esquivé la question et personne de Google n’a voulu ni démentir ni confirmer les propos.

Je persiste à penser que la prise en compte des nofollow suit toujours la méthode précisée par Matt Cutts. De toute façon, Google continue de préciser que placer des « nofollow » sur des liens internes n’est pas logique.

Il n’est pas logique, sauf raisons très particulières, de placer un attribut nofollow sur un lien interne

Gary Illyes l’a précisé lors d’une keynote video avec Eric Enge :

Gary Illyes a exprimé une position parfaitement claire : les nofollow ne sont probablement jamais la solution, surtout s’agissant de [liens pointant vers] votre propre site.

Les deux clarifications récentes qui … ont créé la confusion

Pour finir, Gary Illyes a récemment apporté deux précisions sur les attributs nofollow, mais qui à l’usage s’avèrent mal interprétées.

Pour commencer il y’a dix jours on a demandé à Gary Illyes si avoir beaucoup de liens en nofollow peut déclencher une pénalité.

La réponse est claire et nette : c’est non ! Mais cela ne veut pas dire, comme je l’ai entendu, qu’il n’y a pas de conséquences négatives à mettre des nofollow partout. Au pire c’est néfaste, au mieux, c’est inutile. Il faut rappeler aussi que « pénalité » dans la bouche d’un Googler signifie uniquement « pénalité manuelle », et il n’y a clairement pas de pénalité manuelle pour « attributs nofollow excessivement nombreux ». La réponse est donc parfaitement logique. Mais gare aux interprétations.

Gary Illyes s’est vu aussi demander si une page pouvait être dévaluée à cause de la présence de liens en nofollow dans son code HTML.

La réponse là aussi a été claire et nette : non !
Le problème c’est que la question n’a pas de sens : les liens en nofollow n’ont pas de conséquences sur la page qui les contient, l’impact du nofollow est déporté sur les pages de destination de ces liens, et s’il y’a une perte de linkjuice, elle impacte toutes les pages à des degrés divers. Bref, cette clarification n’apporte rien, si ce n’est une plus grande confusion dans l’esprit de ceux qui pensent que mettre des nofollow partout va booster leur référencement.

Conclusion : c’est vrai depuis des années, et c’est encore vrai aujourd’hui, mettre des nofollow sur des liens internes est inutile, potentiellement néfaste, et n’a de sens que dans des situations particulières qui appellent en général des remèdes alternatifs plus efficaces et plus sûrs.

Suivez les conseils de Google sur les attributs « nofollow », ils ne cherchent pas forcément à vous induire en erreur, mais plutôt de vous éviter de faire des bêtises et de vous tirer une balle dans le pied.